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«Travail 4.0»: le travail numérique et ses conséquences

par Careerplus • 24 mars 2016

La numérisation change drastiquement le monde du travail. Aujourd’hui, on parle de robots, d’entreprises qui se dissolvent et de clients qui coopèrent avec des ordinateurs. Mais quelles sont les mégatendances du futur? Et quel sera leur impact sur les ressources humaines?

«Travail 4.0»: le travail numérique et ses conséquences«Travail 4.0»: le travail numérique et ses conséquences

Industrie 4.0. Voilà un terme qu’on voit apparaître très fréquemment. Mais que désigne-t-il précisément? Au cours de l’histoire, il y a déjà eu trois révolutions industrielles (fin du XVIIIe et du XIXe siècle ainsi que milieu du XXe siècle) qui, pour résumer, se sont toutes produites à la suite de la création de machines qui apportaient un soutien physique à l’être humain. Aujourd’hui, avec la quatrième révolution industrielle (Industrie 4.0), c’est de capacités intellectuelles qu’il s’agit, les machines étant munies de la faculté de penser. Quelles conséquences cette évolution a-t-elle sur le monde du travail? Qu’est-ce qui change dans cette ère numérisée? Et quels impacts cela a-t-il sur le secteur des ressources humaines? Afin de tracer les mutations que traverse notre époque, l’Université de Saint-Gall, en collaboration avec la Deutsche Telekom, a réalisé une étude sur le sujet. Nommée «Arbeit 4.0», soit «Travail 4.0», celle-ci dégage 25 mégatendances. Nous avons réuni ci-dessous les principaux éléments concernant les ressources humaines:

Des frontières mouvantes entre entreprises et produits, sans expéditeur défini

Dans le nouvel univers de travail, les réseaux jouent un rôle central. Des processus back-end standardisés sont partagés entre les entreprises, sans que cela ne soit visible pour les clients ou les collaborateurs. On assiste ainsi à la création de nouveaux postes de travail sans appartenance claire à une entreprise, et de produits sans expéditeur défini.

Location de services à la demande

Pour réaliser certaines prestations spécifiques, les entreprises font de moins en moins appel à des collaborateurs fixes, et de plus en plus à des forces de travail temporaires. Les rapports de travail se transforment ainsi en missions de travail.

Fin de la hiérarchie

Des spécialistes hautement qualifiés interagissent, au niveau mondial, au sein de communautés d’intérêts fonctionnant en réseau. Désormais, la loyauté ne va plus aux entreprises, mais à l’expertise technique.

Structures d’entreprise ouvertes

L’exigence pour davantage de transparence et la nécessité de coopérer étroitement avec les consommateurs (cocréation) amènent au mélange des entités intérieures et extérieures et à la rupture des structures des entreprises. Dans ce contexte, la «foule» («crowd») devient partie intégrante de la création de valeurs.

Prosummateurs – clients au lieu de collaborateurs

De nombreuses prestations numériques sont fournies par des passionnés, volontairement et gratuitement. Les frontières entre consommateurs et producteurs s’effacent, laissant place à des «prosummateurs», et le travail numérique volontaire remplace l’activité professionnelle.

L’être humain en tant que contrôleur au lieu de fournisseur de prestations

A l’avenir, le rôle de l’être humain sera de contrôler les machines, qui assumeront les procédures de routine ainsi que les tâches physiquement difficiles.

Disparition des lieux et horaires de travail

Ce changement présente des avantages et des inconvénients. S’il permet notamment une meilleure conciliation de la vie professionnelle et privée, il a pour contrepartie la difficulté des collaborateurs à ne pas être en permanence sur la brèche. Les spécialistes hautement qualifiés fournissent leurs prestations dans le cadre de projets à travers le monde entier et le lieu depuis lequel le prestataire est actif ne joue plus aucun rôle. Pour la première fois, le travail devient aussi mobile que les capitaux.

L’autogestion comme compétence clé

Avec la disparition des rapports traditionnels de travail, les employés doivent (et peuvent) organiser leur temps de travail selon leurs capacités et leurs besoins. 

La «place de travail latte macchiato»

Les employés travaillant selon des modèles toujours plus flexibles, la place de travail s’étend aux espaces publics.

Job hopping et cherry picking

La flexibilité des rapports de travail conduit les employés à rechercher la nouveauté en permanence et à beaucoup moins se lier à une entreprise.

Gestion à distance – motiver au lieu de contrôler

Le travail n’étant plus lié à un lieu défini, on assiste au passage d’une culture de la présence à une culture du résultat. Désormais, les dirigeants doivent davantage motiver et moins contrôler. Il faut en outre qu’ils apprennent à créer et à maintenir des liens personnels par le biais des outils virtuels.

Location de services sur simple clic

Dans le monde numérisé d’aujourd’hui, les forces de travail sont quantifiables. Ainsi, les compétences, l’expérience et les capacités peuvent être sollicitées sur appel. Avantage: l’octroi sur mesure de mandats. Inconvénients: d’éventuelles erreurs au niveau des profils empêchent l’adéquation entre l’offre et la demande, et la sélection des employés tient moins compte de l’adaptation culturelle.

Conséquences sur la gestion des ressources humaines

Du fait de l’assouplissement des frontières et de la disparition des lieux et horaires fixes de travail, les entreprises doivent développer une culture du résultat en lieu et place de la culture de la présence. Les dirigeants deviennent des feel good managers, soit des «gestionnaires du bien-être», et le big data un outil de gestion. Les marchés évoluent extrêmement rapidement et si les entreprises veulent y rester présentes, il leur faut impérativement innover, à tous les niveaux. Évaluer les échecs et favoriser les rencontres fortuites entre les collaborateurs font partie des mesures nécessaires. Les sociétés doivent en outre créer des places de travail stimulant la découverte et la collaboration, en laissant les opérations de routine aux machines. Pour cela, les capacités suivantes sont requises: créativité, mode de réflexion non linéaire (ce que les machines sont incapables de faire) et entrepreunariat, le tout combiné à des connaissances TIC (technologies de l’information) éprouvées. Aujourd’hui, les nerds précoces, les freaks de la technologie et les développeurs d’applications sont l’équivalent des prodiges musicaux d’antan.

mars 2016

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Travail 4.0 travail numérique gestion de ressources humaines

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