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Le seuil de rentabilité – ou le chiffre d’affaires au point mort

par Raymond Bezençon • 9 novembre 2015

Rappelez-vous, dans mon dernier article je vous demandais si vous bûchiez en matière d’analyse du financement dans le cadre de la création de votre entreprise ou de la réalisation de votre projet. Je vous résumais les sept étapes de l’analyse de financement qui permettent d’avancer efficacement.

Le seuil de rentabilitéLe seuil de rentabilité

La boîte à outils financière complète pour bien démarrer votre entreprise ou projet!  Partie 2 – Le seuil de rentabilité

Je précisais aussi que le porteur du projet ne devait pas nécessairement réaliser la globalité des étapes proposées, mais suivre néanmoins un ordre précis qui rend possible la décision de continuer ou pas. Par exemple, dans le cas où les indicateurs deviennent négatifs, il ne sert à rien de poursuivre l’étude. Au contraire, des indicateurs positifs incitent à continuer les investigations. Retrouvez ici pour rappel les sept étapes de l’analyse de financement. Nous continuons aujourd’hui avec l’étape 1: le seuil de rentabilité.

Quelle rentabilité souhaitez-vous atteindre dans le cadre de votre projet? C’est précisément à cette question que répond cette première étape, la plus importante de toutes. En effet, c’est elle qui vous délivre les informations essentielles relatives aux risques et opportunités en fonction de cette rentabilité souhaitée. Une étape qui va clairement vous permettre de décider si vous continuez l’étude ou pas. Voyez-vous une difficulté à obtenir ce seuil de rentabilité, appelé aussi chiffre d’affaires au point mort? Dans ce cas, nul besoin de continuer.

De quoi dépend le seuil de rentabilité?

Pour atteindre le seuil de rentabilité d’un projet, il faudra effectuer les opérations suivantes:

Concrètement, il est utile de dresser la liste détaillée de tous les besoins en actifs immobilisés en cherchant à leur donner une valeur. Afin que ces valeurs (les prix) correspondent au plus près du marché, n’hésitez pas à faire appel à vos fournisseurs, à votre réseau et à faire des recherches sur Internet.

Pour que vous compreniez bien de quoi il s’agit, je vais me baser sur un exemple concret que je reprendrai lors des prochains articles.

Tableau 1: les chiffres de l’exempleTableau 1: les chiffres de l’exemple

Je vous rends attentifs au fait que la charge d’intérêt calculée ici est basée sur le taux du ROI (Return on Investment) actuel de l’entreprise, ou sur la rentabilité souhaitée pour la couverture de risques financiers et généraux liés au projet. Cette notion sera expliquée lors d’un prochain article.

Grâce à cette première liste de chiffres, on peut maintenant déterminer le chiffre d’affaires au point mort appelé aussi seuil de rentabilité. À partir de là, on va diviser les charges fixes (550’000 CHF) par le taux de marge prévu sur les ventes.

Tableau 2: le résultat du point mortTableau 2: le résultat du point mort

Est-ce qu’on continue l’étude ou non?

À ce stade de l’analyse, on peut déjà se faire une idée sur la possibilité de continuer. Saviez-vous qu’un grand nombre de projets s’arrêtent déjà lors de cette étape? On constate dans la pratique que les porteurs de projets peinent à déterminer un taux de marge brute. Dans ce contexte, je vous propose un outil magique, régulièrement utilisé dans les prises de décisions, et appelé «graphique de courbe de marge ISO-contributive» (tableau 3 ci-dessous).

Tableau 3: le graphique de la courbe de marge ISO-contributiveTableau 3: le graphique de la courbe de marge ISO-contributive

Ce graphique illustre l’ensemble des relations existantes entre un taux de marge et le seuil de rentabilité.

Comment lire un graphique de la courbe de marge ISO-contributive?

  1. En partant du taux de marge sur l’axe des taux, on atteint, par réflexion sur la courbe, le chiffre d’affaires nécessaire pour être au seuil de rentabilité à ce taux-là.
  2. En partant du chiffre d’affaires, aussi par réflexion sur la courbe, on obtient le taux de marge minimum que l’on devrait avoir pour être, avec ce chiffre d’affaires, au point mort.

Ne manquez pas dans le prochain article l’étape 2 de l’analyse du financement qui vous montrera comment élaborer un compte de résultat prévisionnel.

À propos de Raymond Bezençon

Conseiller d’entreprise indépendant et chargé de cours depuis plus de 20 ans chez Virgile Formation, Raymond Bezençon a créé en 2014 la société Goodwill Formation SA dont le but est de contribuer activement à la formation préparatoire en vue de l’obtention du Brevet fédéral de Spécialiste en finance et comptabilité. Raymond Bezençon s’est associé à cet effet à plus d’une dizaine de chargés de cours confirmés et compétents ayant formé plus de 2’000 candidats à l’examen précité. Plus de 400 participants en Suisse romande font de cette école la plus importante de la région francophone après seulement quelques mois d’existence.

novembre 2015

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analyse financement

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