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Rebondir après l’abandon du taux plancher en 2015?

par Raymond Bezençon • 14 octobre 2016

Dans le cadre des conférences du Club Finance qui se sont déroulées en septembre 2016 à Neuchâtel, Genève, Lausanne et Fribourg, les dirigeants de la société BCR Plastics Group SA à Vallorbe – Cornelius Smit, fondateur et président du conseil d’administration, et Thierry Poulleau, membre du conseil d’administration – ont témoigné de leur parcours dès l’annonce choc de l’abandon du taux plancher par la Banque nationale suisse en janvier 2015. Synthèse.

Rebondir après l’abandon du taux plancher en 2015?Rebondir après l’abandon du taux plancher en 2015?

Pour comprendre 2015, regardons en arrière

Pour expliciter les effets de l’abandon du taux plancher en 2015, les conférenciers ont effectué un saut dans le passé en racontant les événements successifs entre 2010 et 2015 découlant de l’évolution du cours de l’euro. Sur la courbe illustrée ci-dessous, observez l’année 2010-2011: elle montre déjà une première phase d’absorption de la baisse des cours et les effets sur l’entreprise. Durant cette période, BCR Plastics Group a dû supporter la baisse régulière des cours, couvrir la perte de 30% du prix de vente et supporter les contrats de clients signés avec des taux de 1.50 euro, voire 1.55 pour 1 euro.

2010-2011 se termine ainsi par une restructuration de l’entreprise:

2010-2011: premières mesures

Ne baissant pas les bras face à l’évolution de l’euro, BCR Plastics Group s’engage dans une série de décisions:

Des démarches qui se soldent par une perte de change de 1,5 million CHF qu’il faut absorber, avec comme conséquences notamment une entrée dans les dossiers «spéciaux» auprès de la Banque cantonale vaudoise et une demande des fournisseurs d’un règlement à la commande. Le tout sur un marché européen tendu et étranglé par la pression des clients qui cherchent à comprimer leurs coûts. BCR Plastics Group doit réagir et décide  

Lueur dans le ciel: durant toute cette période, BCR Plastics Group peut malgré tout consolider sa politique d’investissement. L’espoir pour les années à venir est permis.

Une embellie ternie en quelques secondes le 15 janvier 2015

À 10 h du matin, en ce jour funeste du 15 janvier 2015, la Banque nationale suisse «lâche» le taux plancher. Consternation, stupeur, choc. La société se réunit immédiatement en séance de crise, s’emploie à revoir tous les budgets pour les adapter au taux de conversion de 1 CHF pour 1 euro. Par ailleurs, le management prend les décisions immédiates suivantes: licenciement de trois personnes, commande du robot qui était prévue en cours d’année et qui remplacera les trois personnes licenciées, augmentation temporaire du temps de travail passant de 40 à 45 heures, prise de contact avec les clients et renégociation d’une augmentation des prix. Les discussions sont toutefois bien plus difficiles qu’en 2010-2011. Certains clients demandent même la délocalisation de la production dans l’UE.

Les répercussions se suivent et ne se ressemblent pas!

Alors que tout semble s’obscurcir, le carnet de commandes reste pourtant plein et le budget est positif. Les clients suisses demandent régulièrement de pouvoir payer en euros. Les importateurs revendeurs suisses de matières premières ne veulent pas répercuter la baisse du cours de l’euro sur leurs livraisons. Et l’essai de la société de regrouper les entreprises helvétiques en vue de faire pression échoue.

Dans cette tempête, BCR Plastics Group continue son combat et crée un groupe d’achats de matières premières composé de trois entreprises issues du même domaine. Puis elle se met à la recherche active de clients suisses. Pour ce faire, elle engage un représentant à temps partiel principalement axé sur le marché alémanique. Elle relance la clientèle couverte à l’époque par Rolla SA, relance la clientèle romande, reprend des activités de clients qui eux aussi doivent se restructurer. Finalement, elle augmente de manière soutenue sa présence dans les foires spécialisées comme Swiss Plastics à Lucerne, Micronora à Besançon ou Medtec à Lyon.

Un travail acharné qui porte ses fruits

La société BCR Plastics Group peut être fière de ses efforts. En effet, après toutes les mesures précitées, elle est capable de repasser à 40 heures de travail hebdomadaires en août 2015, clôturer 2015 positivement tant au niveau du chiffre d’affaires que du cash-flow, et même réaliser un bénéfice. Le pronostic pour 2016 s’annonce positif avec une augmentation du chiffre d’affaires d’environ 25% ainsi qu’une amélioration du cash-flow et du résultat. Last but not least, elle engage à nouveau du personnel, 60 personnes à ce jour. Quant à la clientèle, BCR Plastics Group acquiert de nouveaux clients suisses et étrangers grâce à de nouveaux marchés, elle propose des offres avec des cours indexés, et entame de longues discussions avec ses clients sur des projets en cours. Finalement, elle maîtrise et contrôle sa gestion financière.

Happy end pour BCR Plastics Group et enthousiasme du public

La manière dont BCR Plastics Group a su rebondir entre 2010 et 2015 est exemplaire. Voilà une société prise dans des tourments dont elle était tributaire qui saura inventer des stratagèmes pour sortir la tête de l’eau. Créative et imaginative, elle a su trouver des solutions pour produire à un prix de revient moins élevé et améliorer ses marges. Mais elle a également su approcher ses clients, ses fournisseurs et ses importateurs avec intégrité, finesse et transparence. Ces cycles de vie du groupe auront été pour le management et tout le personnel une source immense d’enseignements. Le public s’est montré enthousiasmé par le parcours de cette PME suisse, et la conférence s’est terminée par des échanges d’expériences, enrichissants pour tous les participants.

 

BCR Plastics Group en bref
BCR Plastics Group, c’est 120 tonnes par an de matière première transformée, 24 ans d’expérience pour BECO, 11 pour CEBO, et 10 millions CHF de chiffre d’affaires. Implantée à Vallorbe, en Suisse, et fondée par Cornelius Smit, le groupe offre des services combinés issus des deux sociétés BECO et CEBO: conception de moules de haute technologie en 2D et 3D, conception de moules pour l’injection, moulage de pièces plastiques pour la sous-traitance, contrôle des pièces plastiques moulées sur les machines 3D ou optiques, ainsi que décoration, peinture et assemblage. Du design du moule, en passant par la construction de l’outillage, la fabrication de la pièce, le contrôle qualité, jusqu’à la livraison, BCR Plastics Group offre un service complet de haut vol technologique.

 

Conseiller d’entreprise indépendant et après avoir passé plusieurs années chez Virgile formation, il a décidé de fonder Goodwill formation en 2014 dont le but est de contribuer activement à la formation préparatoire en vue de l’obtention du Brevet fédéral de Spécialiste en finance et comptabilité. Raymond Bezençon s’est associé à cet effet à plus d’une dizaine de chargés de cours confirmés et compétents ayant formé plus de 2’000 candidats à l’examen précité. Plus de 400 participants en Suisse romande font de cette école la plus importante de la région francophone après seulement quelques mois d’existence.

 

octobre 2016

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Taux plancher Club finance

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